Étude de cas · Prise de parole

Sortir de la récitation : du brevet des collèges aux amphis de HEC Montréal

Maëlle a 20 ans et vient de terminer sa deuxième année à HEC Montréal, où elle démarche des partenaires pour son association étudiante — un rôle qu'elle n'aurait jamais imaginé occuper. Sept ans plus tôt, elle lisait ses présentations plutôt que de les jouer. Voici comment.

Maëlle

HEC Montréal · Responsable externe d'une association étudiante

« C'est sortir de la récitation pure et dure de la poésie à l'école primaire pour tourner vraiment vers une discussion. »

Résumé

Avant son brevet des collèges, Maëlle se décrit comme une adolescente « toujours un peu timide », qui écrit et récite intégralement ses textes plutôt que de les jouer — sans avoir jamais appris la prise de parole en public au collège.

Pour qui ça parle

Pour les collégiens, lycéens et étudiants qui apprennent leurs oraux par cœur et redoutent le trou de mémoire — plus que le fond, c'est la méthode de préparation qui bloque.

« C'est justement la fille un peu timide qui a vraiment peur de tenter la moindre chose, mais qui ose maintenant beaucoup plus et qui ne s'arrête pas à l'obstacle. »
Avant Angoisse avant les oraux, texte appris et récité mot pour mot — jusqu'à découvrir, juste avant le brevet, qu'elle oublie des paragraphes entiers et se sent totalement perdue.
Après 19/20 à l'oral du bac malgré un oubli en pleine épreuve ; préparation d'un oral passée de deux semaines (vingt réécritures) à une heure ; un pitch devant 200 personnes à HEC Montréal.
Voir le résumé factuel (étude de cas)

La situation : une adolescente qui lit ses présentations

Avant son brevet des collèges, Maëlle se décrit comme une adolescente « toujours un peu timide », pour qui la prise de parole en public n'a jamais eu de place dans l'enseignement reçu au collège. Sans méthode pour structurer une intervention orale, elle écrit intégralement ses textes et les récite — ou plutôt les lit. La peur du jugement et la peur d'oublier une partie de son discours dominent chaque prise de parole.

« J'oubliais des paragraphes entiers, j'étais totalement perdue. »

Le travail : sept ans d'accompagnement, à chaque étape clé

Un accompagnement individuel s'engage alors, et se poursuivra sur sept ans, à chaque étape clé : le brevet, le bac (avec trois sujets d'oraux à préparer, dont une spécialité supplémentaire), puis plusieurs sollicitations ponctuelles jusqu'en deuxième année à HEC Montréal. Le travail est délibérément concret plutôt que théorique : technique de visualisation pour ancrer une trame narrative plutôt qu'un texte figé, exercices de reformulation pour sortir du par cœur, et un accompagnement mental plus large (profils de personnalité, ikigaï) une fois arrivée au Canada.

Le résultat : 19/20, un pitch devant deux cents personnes, et un feedback qui la surprend elle-même

Le changement se mesure d'abord dans les notes — 19/20 à l'oral du bac malgré un oubli en cours d'épreuve — mais surtout dans la méthode et la rapidité : la préparation d'un oral, qui demandait auparavant deux semaines et une vingtaine de réécritures, ne prend plus qu'une heure. Plus largement, Maëlle ose aujourd'hui se lancer dans des exercices qui l'auraient terrifiée auparavant, comme un pitch devant deux cents personnes lors d'une semaine de l'entrepreneuriat à HEC. Un feedback d'équipe la décrivant comme « solaire » la surprend elle-même, révélant un chemin parcouru qu'elle n'avait pas mesuré seule.

« C'est justement la fille un peu timide qui a vraiment peur de tenter la moindre chose [...] mais qui ose maintenant beaucoup plus et qui ne s'arrête pas à l'obstacle, mais qui essaye de le dépasser même si elle sait que ça va être dur. »

Parole de client

J'ai toujours été quelqu'un de plutôt timide. Au collège, on ne nous apprenait pas vraiment la prise de parole en public : les oraux, c'était surtout pour donner le contenu de sa présentation, pas pour apprendre à se présenter. Alors j'écrivais tout, mot pour mot, et je lisais mes textes plus que je ne les jouais. La peur du regard des autres, la peur d'être jugée, la peur d'oublier une partie de ce que j'avais préparé : tout ça mêlé, ça provoquait pas mal d'angoisse.

Le déclic, je m'en souviens précisément. Juste avant le brevet, j'ai voulu réciter mon texte sans mes notes pour la première fois. Et là, j'ai découvert que j'oubliais des paragraphes entiers, que j'étais totalement perdue. C'était la sonnette d'alarme : si ça se passait comme ça le jour J, ça allait être très compliqué. Il fallait que je me prépare autrement.

C'est là qu'a commencé un accompagnement individuel qui allait durer sept ans, à chaque étape importante : le brevet, le bac, puis plusieurs fois pendant mes études à HEC Montréal. Ce qui m'a le plus marquée, c'est qu'on n'a jamais fait de la théorie pure. La technique de visualisation, par exemple, m'a vraiment servi : on racontait mon sujet comme une histoire, avec des personnages qu'on faisait apparaître, plutôt que d'apprendre un texte par cœur. Je m'en souviens encore aujourd'hui, et je l'ai réutilisée pour le bac, y compris pour mon oral d'anglais. Il y a aussi eu la reformulation systématique — redire la même idée avec d'autres mots à chaque répétition — un exercice qui m'a longtemps agacée, mais qui m'a appris à vraiment connaître mon sujet plutôt qu'à le réciter.

Les résultats, je les vois d'abord dans les notes : 19/20 à l'oral du bac, alors même que j'avais oublié un passage pendant l'épreuve. Mais surtout, je les vois dans la rapidité et la sérénité avec lesquelles je prépare un oral aujourd'hui : avant, ça me prenait deux semaines et une vingtaine de réécritures ; maintenant, une heure suffit. J'ose aussi tenter des choses qui m'auraient terrifiée avant, comme un pitch devant deux cents personnes à HEC. Un jour, toute mon équipe m'a décrite comme « solaire », quelqu'un vers qui on peut aller — ça m'a sincèrement surprise, parce qu'on se rend rarement compte soi-même du chemin parcouru.

Je suis toujours quelqu'un d'anxieux au quotidien, ça ne changera sans doute jamais complètement. Mais aujourd'hui, je ne m'arrête plus à l'obstacle : j'essaie de le dépasser, même en sachant que ça va être dur. C'est justement ça, la vraie différence entre la fille un peu timide que j'étais et celle que je suis devenue.

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